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Alcool nom usuel de l'éthanol (ou éthylalcool)
Généralités En Suisse, comme dans le reste du monde occidental, l'alcool n'est pas considéré comme une drogue, de par son fort ancrage social, économique et culturel. On le trouve sous forme de boissons alcooliques fermentées ou distillées. Notons encore que l'on peut trouver de l'alcool dans des aliments et des médicaments; dans ces deux cas de figure, sa présence doit ëtre signalée sur l'emballage, dès que la teneur dépasse 0,5 %vol.
L'alcool se classe parmi les substances psychotropes ayant une dangerosité élevée, tant du point de vue de sa toxicité que de son potentiel de dépendance. L'alcool opère sur le système nerveux central à la fois de manière stimulante et de manière anesthésiante. Cependant, comme pour toutes les drogues, ses effets varient selon la quantité consommée et l'humeur de la personne.
Les recommandations actuelles en matière de consommation préconisent de ne pas dépasser 2 verres-standards par jour pour un adulte en bonne santé. Au-delà de 4 verres par jour, on considère qu'il s'agit d'une consommation à risques élevés de développer des problèmes sociaux, physiques ou psychiques.
Selon les dispositions du consommateur, et comme pour toutes les drogues, l'alcool peut engendrer une dépendance psychique; compte tenu du potentiel addictif de l'alcool, une dépendance physique peut aussi s'installer.
Effets et risques Comme l'alcool passe directement dans le sang, ses effets se font très rapidement sentir ; entre 15 et 30 minutes après l'avoir absorbé, tout l'alcool consommé est entré dans le système sanguin. Ses effets positifs sont généralement les premiers à ëtre ressentis : sensation de chaleur, d'absence de limites, état joyeux, bien-être, volubilité. Le consommateur n'a souvent pas conscience de ses autres effets, car la capacité d'auto-évaluation est diminuée, et l'estime de soi augmentée. Cependant, les effets éprouvés dépendent, comme pour toute drogue, de l'humeur de la personne au moment où elle consomme.
Dès 0,2 pour mille : - Augmentation du goût du risque - Augmentation du niveau d'activité
Dès 0,3 pour mille : - Baisse de l'attention, de la concentration, de la capacité de discernement et de jugement - Diminution de la résistance à la fatigue
Dès 0,5 pour mille : - Les perceptions sensorielles sont affectées : vue, ouïe, en particulier - Diminution de la capacité de réaction
Dès 0,8 pour mille: - Forte baisse de la concentration - Diminution de 25% des capacités visuelles - Allongement de 30 à 50% de temps de réaction - Euphorie, désinhibition croissante - Surestimation de soi - Perception de l'espace et des objets diminuée - Diminution du champ visuel (vision "en tunnel") - Troubles de l'équilibre
Dès 1,0 pour mille : - Forte baisse des capacités visuelles: perception de l'espace et adaptation clair/obscur - Perte de la capacité de concentration et d'attention - Surestimation de soi due à une désinhibition accrue et à une perte de sens critique - Capacité de réaction grandement troublée - Forts troubles de l'équilibre - Confusion, difficultés à parler - Troubles de l'orientation
Dès 2,0 pour mille : - Troubles de l'équilibre et de la concentration très prononcés - Altération de la mémoire et de la conscience - Capacités de réaction quasiment inexistantes - Relâchement musculaire - Confusion - Vomissements
Dès 3,0 pour mille: - Perte de conscience - Perte de mémoire - Respiration faible - Hypothermie - Absence de réflexes
Dès 4,0 pour mille:
- Coma (avec perte totale des réflexes) - Excrétions incontrôlées - Paralysie du bulbe rachidien - Arrêt respiratoire - Décès
La dose mortelle d'alcool est cependant rarement atteinte. En effet, le sommeil empeche le plus souvent de continuer à consommer de l'alcool, ou alors l'alcool est éliminé par vomissement avant son absorbtion dans le sang. En revanche, lors de paris entre buveurs, une consommation excessive d'alcool en un temps extremement court peut entraîner la mort. Les enfants et les adolescents sont beaucoup plus sensibles aux effets de l'alcool; chez les enfants en bas âge, une alcoolémie de 0,5 pour mille peut déjà entraîner un état léthargique et la mort.
Maladies Pratiquement tous les organes peuvent être touchés ou endommagés par une consommation excessive d'alcool. Voici les maladies les plus importantes dues à l'abus d'alcool :
- cirrhose graisseuse, hépatite alcoolique, cirrhose du foie - inflammation de l'estomac - inflammation du pancréas - maladies cardiaques - inflammations nerveuses - trouble des fonctions sexuelles, impuissance - syndrome alcoolique foetal : malformations physiques et handicap mental chez l'enfant en cas d'abus d'alcool de la mère durant la grossesse - cancer (surtout des organes digestifs)
Maladies touchant le psychique : - dommages au cerveau : diminution des capacités mentales - démence alcoolique - syndrome de Korsakoff : perte de mémoire - delirium tremens : hallucinations auditives
Dépendance Une consommation régulière excessive d'alcool peut conduire à une dépendance psychique ou / et physique au produit. Ces mécanismes de dépendance se traduisent par des comportements pathologiques à l'égard de l'alcool :
- besoin de consommer de l'alcool quotidiennement pour ëtre capable de fonctionner - besoin de boire toujours plus pour ressentir les mëmes effets (hausse du seuil de tolérance) - perte du contrôle de la consommation (on ne peut plus s'arrêter de boire) - tentatives de réduire la consommation par des périodes d'abstinence - périodes d'excès - amnésie (trous de mémoire) après une forte consommation d'alcool - continuation de la consommation malgré la souffrance physique qu'elle engendre
En cas de dépendance physique avérée, les symptômes de manque apparaissent quelques heures déjà après l'arrêt de la consommation ou sa réduction: forts tremblements, nausées, vomissements, transpiration abondante, rythme cardiaque rapide, pression artérielle élevée, anxiété et états dépressifs.
On estime à environ 300 000 le nombre de personnes dépendantes de l'alcool en Suisse. Si l'on y ajoute les membres des familles concernées par ce problème, on peut estimer que 450 000 à 900 000 personnes souffrent à cause de problèmes liés à l'alcool.
Sortir de la dépendance à l'alcool est une démarche personnelle difficile, qui nécessite très souvent le soutien de professionnels comme les médecins, les travailleurs sociaux spécialisés, les psychologues, etc. Les thérapies se font en général dans des lieux résidentiels spécialisés; leur durée varie de 4 semaines à plusieurs mois, selon les situations de vie des personnes concernées.
Institut suisse de prévention de l'alcoolisme et autres toxicomanies (ISPA) http://www.sfa-ispa.ch
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