|
Le dub poetry est de la poésie scandée un peu à la manière du "slam" sur des rythmiques reggae-dub. Il reste un mouvement à part dans le reggae, assez cadré dans le temps, mal connu, et pourtant toujours évocateur et puissant à celui qui sait y prêter l'oreille. Apparu dans les années 80, il s'est quasiment évanoui au début des années 90, du moins a-t-il perdu son aspect collectif. Pourtant, il a eu le temps de laisser des traces indélébiles dans le patrimoine musical internationnal.
Le fait est qu'il reste peu d'artistes officiant encore dans ce domaine à l'heure actuelle : outre les personnages de l'envergure de Mutabaruka et de Linton Kwesi Johnson, il faut citer Benjamin Zephaniah, qui a remis le style au goût du jour et séduit un nouveau public avec son récent "naked", un album ouvert sur divers styles... Mais de nombreux artistes ont officié dans domaine et travaillent encore dans l'ombre en ne laissant que très peu de traces musicales, sur des albums ou des compilations difficiles à débusquer.

L'une des raison est peut être que ces artistes, souvent, tels Benjamin Zaphaniah ou Jean 'Binta' Breeze sont avant tout poètes et écrivains, et que la musique focalise pas tous leurs efforts. Mais le fait est que le mouvement est resté underground, et que les albums n'ont pas été réédités. Le Dub Poetry est fondé sur le phrasé rythmique et la puissance du verbe. Il reprend souvent les thèmes et les revendications des rastamans, mais s'intéresse de plus près à l'acte artistique, à l'engagement politique et social contre le racisme, l'impérialisme, les problèmes économiques. Il recèle une grande force contestataire, ce qui l'éloigne bien évidemment des circuits de productions habituels. Hors sentiers battus les artistes on su s'implanter dans les milieux culturels et intellectuels, et sortir le reggae et la culture jamaïcaine de l'étiquette de folklore bon enfant qu'on lui colle trop souvent. |